8 août 1944 à Saint Aignan de Cramesnil


Le 1er Février 2012, The Tank Museum a été attristé d'apprendre qu'un autre membre d'une génération remarquable était décédé. Il avait 88 ans.


Joe Ekins était un homme ordinaire avec une histoire extraordinaire. Il n'a jamais recherché d’éloges pour un acte de guerre qui l’a rendu célèbre assez récemment. En fait, il n’en a jamais parlé du tout, jusqu'à ce que convaincu par ses compagnons anciens combattants, après que des faux relevés au sujet de sa mission ont commencé à circuler. Même là, Joe ne fait aucune demande pour sa propre réhabilitation. Il a simplement raconté ce que lui et le Northamptonshire Yeomanry vécurent ensemble un jour en Août 1944.


Le récit de Joe, qui est certifié par ceux qui étaient présents et par le journal de guerre de son unité - le seul récit officielle de l'action - a depuis été remis en question et débattu par les historiens. Mais ils n'ont jamais été formellement démentis et il n'y a pas de preuves contradictoires tangibles. Naturellement, beaucoup de conjectures et de spéculations proviennent de ceux cherchant à revendiquer une telle réussite.


The Tank Museum reconnait donc que le soldat Ekins, artilleur de 21 ans dans un Sherman Firefly, a mis hors service trois chars Tigre en seulement 12 minutes, le 8 août 1944 à St Aignan de Cramesnil.


Un équipage d'un char est la somme de ses parties, si bien que ce fut vraiment un travail d'équipe. Ce sont les premiers coups de feu qu’avait tiré Ekins depuis son arrivée en France à J+9. Malgré une pression considérable, il a su rester calme, et ses tirs furent rapides et redoutablement précis.


Peut-être qu’un autre pays l’aurait récompensé pour son courage et son habileté, mais Joe ne prêtait guerre attention aux médailles et aux récompenses officielles. Il a souvent raconté comment il détestait l'armée et se souciait peu de la plupart de ses officiers. C'est ce qui rend l'histoire de Joe passionnante. Il s'est porté volontaire dès qu'il avait atteint l’âge légal, parce qu'il détestait les nazis et a voulu jouer un rôle dans leur défaite. Il a constaté que la discipline militaire et lui faisaient deux, et il a détesté ce qu'il a appelé cette “connerie de vie militaire”. Les traces de sa formation à Bovington sont introuvables. Joe portait rarement ses médailles militaires.


Son tir rapide et régulier a permis au Northamptonshire Yeomanry de ne pas subir le sort, quelques semaines plus tôt, de Villers-Bocage : la destruction de ce village sous la responsabilité de l’as des chars, le Waffen SS Michael Wittmann. Wittman était un militant nazi de la première heure, il a été célébré par la machine de propagande et Hitler a même assisté à son mariage. Il symbolisait tout ce pour quoi Joe a décidé de rejoindre l'armée.
Alors que tous l'ignoraient à l'époque, il apparut plus tard que le dernier des trois Tigres que Joe Ekins détruisit était commandé par Wittmann. C'est peut-être pourquoi un débat enragé continue a l'emporter sur les actes, mais est-ce bien là la question ? Quoi qu'il en soit, jusqu'à preuve solide du contraire, il convient d'admettre que Wittmann, le soldat professionnel et l’as des chars nazi, fut défait par un soldat-citoyen réticent et fabricant de chaussures du Northamptonshire.


Extrait de l'article sur le décès de M. Joe Ekins - Documents sonores et multimédias

http://www.tankmuseum.org/ixbin/indexplus?record=ART3359&_IXMENU_=top